Parce que nous les connaissions personnellement, la perte de nos amis et camarades Charb et Wolinski emplit nos cœurs de douleur, et la révolte assaille nos esprits. Nous avons pensé et pensons fraternellement à toutes les victimes de l’inqualifiable, à leurs familles et à leurs proches. Aux blessés aussi, en particulier à notre confrère et camarade CFDT Fabrice Nicolino.

« Je suis Charlie », cri de ralliement spontané, s’est transformé en foules immenses sur les places publiques. Les assassins de Charb et de ses amis ne gagneront pas. Quels que soient ceux qui ont armé les meurtriers et vidé leurs cerveaux.

L’indignation endeuillée a empli le pays, puis le monde. L’amour de la liberté a remplacé, sur les ondes, la haine des Zemmour et Dieudonné. Les Charlie l’entendaient bien ainsi. Aurions-nous imaginé que l’esprit libertaire porté par un journal aux moyens de misère bénéficiait d’une telle reconnaissance muette, potentielle, aujourd’hui mise en mouvement ?

Charb pour InfoCom-CGT 2

Ne laissons pas nous voler ce mouvement des Charlie Indignés, qui, les premières heures, faisait se retrouver une humanité agissante, modeste, discrète, et omniprésente. L’élan solidaire pour la liberté, contre l’obscurantisme, peut être dévoyé. Les bruits de certaines bottes n’ont pas tardé à battre nos pavés et à envahir certains médias audiovisuels aux ordres du spectacle, de l’argent et d’un patriotisme perverti.

« Union nationale » ont-ils dit, aussitôt nos amis assassinés, passant de l’émotion partagée à la justification des écoutes de soi-disant renseignement massifiées ? Nous ne laisserons pas instrumentaliser les morts de Charlie. Le mouvement spontané et extraordinairement humain des Charlie montre que beaucoup espèrent encore dans le progrès de l’humanité et aspirent à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, pas à la guerre, ni à la haine, ni à la servitude.

La section CGT de Bayard, avec la FILPAC-CGT et Info’Com-CGT.