Salaires 2010 : une négociation déjà plombée...
Par A P le mercredi 7 avril 2010, 12:32 - Actualités Bayard Presse - Lien permanent
Ce mercredi 7 avril, la direction a confirmé son accord sur notre
revendication d'une somme fixe d'augmentation, égale pour toutes et tous, ce
qui est une mesure très satisfaisante car elle permettra de "corriger"
progressivement d'injustes inégalités (notamment entre femmes et
hommes...).
Cependant, elle nous a aussi présenté son souhait de "fermer" toute
l'entreprise (sauf La Croix, Pèlerin et les services de
maintenance de ces deux activités rédactionnelles), entre Noël 2010 et le Jour
de l'An 2011, sous prétexte de meilleure organisation du travail et...
d'économie d'énergie. La CGT et la CFTC ont répondu que cette fermeture
n'aurait, en réalité, aucune efficacité et qu'elle représenterait un acte
d'autorité dommageable pour de nombreux salariés. La CFDT a visiblement déjà
accepté cette "proposition" de la direction, demandant en "contrepartie" que
les jours pris pour veiller un enfant malade (3 jours d'absence autorisés, mais
non rémunérés, par le Code du Travail) soient rémunérés, récupérant ainsi une
revendication bien plus nette du SNJ et de la CGT : que ces jours soient
payés, comme ils le sont conventionnellement aux journalistes, revendication
soutenue par esprit d'équité sociale.
Enfin, la direction nous a indiqué le montant de la somme fixe d'augmentation
mensuelle qu'elle entend donner pour 2010 : 40 euros...
La CGT a répondu que cela ne fait même pas la moitié de ce qui est attendu
légitimement par les salariés, que ces 40 euros par personne (en équivalent
temps plein) ne représentent qu'une augmentation de 1,04% du salaire moyen
Bayard (1,82% du salaire moyen des employés ; 1,55% du salaire moyen des
AMT ; 1,02% du salaire moyen des journalistes ; 0,93% du salaire
moyen des cadres ; 0,61% du salaire moyen des rédacs chef ; 0,39% du
salaire moyen des cadres sup). Nous avons précisé d'emblée que la CGT
n'accepterait qu'une somme d'augmentation d'au moins 80 euros (soit + 2,08% du
salaire moyen Bayard), déclenchée au plus tard en juin 2010.
A notre grande surprise (partagée par la CFTC et le SNJ), le délégué syndical
CFDT a, de son côté, déclaré qu'il commençait déjà "à dévisser l'encrier" (et
affûter sa plume), sur la base d'une somme de... 50 euros, soit dix euros de
plus seulement par rapport à la proposition patronale... Ces 50 euros
représentent 1,3% du salaire moyen Bayard, soit 2,7% de moins que le taux
d'inflation prévisible pour 2010 (voir notre billet
précédent), ce qui représente une perte de pouvoir d'achat équivalente
!
Voici donc, comme l'an dernier, une
négociation annuelle obligatoire lourdement plombée par la CFDT.
