Ce mercredi 7 avril, la direction a confirmé son accord sur notre revendication d'une somme fixe d'augmentation, égale pour toutes et tous, ce qui est une mesure très satisfaisante car elle permettra de "corriger" progressivement d'injustes inégalités (notamment entre femmes et hommes...).
Cependant, elle nous a aussi présenté son souhait de "fermer" toute l'entreprise (sauf La Croix, Pèlerin et les services de maintenance de ces deux activités rédactionnelles), entre Noël 2010 et le Jour de l'An 2011, sous prétexte de meilleure organisation du travail et... d'économie d'énergie. La CGT et la CFTC ont répondu que cette fermeture n'aurait, en réalité, aucune efficacité et qu'elle représenterait un acte d'autorité dommageable pour de nombreux salariés. La CFDT a visiblement déjà accepté cette "proposition" de la direction, demandant en "contrepartie" que les jours pris pour veiller un enfant malade (3 jours d'absence autorisés, mais non rémunérés, par le Code du Travail) soient rémunérés, récupérant ainsi une revendication bien plus nette du SNJ et de la CGT : que ces jours soient payés, comme ils le sont conventionnellement aux journalistes, revendication soutenue par esprit d'équité sociale.
Enfin, la direction nous a indiqué le montant de la somme fixe d'augmentation mensuelle qu'elle entend donner pour 2010 : 40 euros...
La CGT a répondu que cela ne fait même pas la moitié de ce qui est attendu légitimement par les salariés, que ces 40 euros par personne (en équivalent temps plein) ne représentent qu'une augmentation de 1,04% du salaire moyen Bayard (1,82% du salaire moyen des employés ; 1,55% du salaire moyen des AMT ; 1,02% du salaire moyen des journalistes ; 0,93% du salaire moyen des cadres ; 0,61% du salaire moyen des rédacs chef ; 0,39% du salaire moyen des cadres sup). Nous avons précisé d'emblée que la CGT n'accepterait qu'une somme d'augmentation d'au moins 80 euros (soit + 2,08% du salaire moyen Bayard), déclenchée au plus tard en juin 2010.
A notre grande surprise (partagée par la CFTC et le SNJ), le délégué syndical CFDT a, de son côté, déclaré qu'il commençait déjà "à dévisser l'encrier" (et affûter sa plume), sur la base d'une somme de... 50 euros, soit dix euros de plus seulement par rapport à la proposition patronale... Ces 50 euros représentent 1,3% du salaire moyen Bayard, soit 2,7% de moins que le taux d'inflation prévisible pour 2010 (voir notre billet précédent), ce qui représente une perte de pouvoir d'achat équivalente !
Voici donc, comme l'an dernier, une négociation annuelle obligatoire lourdement plombée par la CFDT.