L'Esprit de Philadelphie ; La justice sociale face au marché total, par Alain Supiot, l'antidote au projet Kessler-MEDEF-Sarkozy ("Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance (...) Il est grand temps de réformer, et le gouvernement s'y emploie (...) La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception (...) Il s'agit aujourd'hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance." / "Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !", Challenges, 4 octobre 2007)

Malgré la guerre, deux Conférences générales des Etats membres de l'Organisation internationale du travail (OIT) ont pu être menées à bien. La première, une conférence spéciale sans pouvoirs ordinaires, s'est tenue à New York et Washington DC en 1941. La seconde, la 26e session de la Conférence internationale du Travail, fut organisée à Philadelphie, en Pennsylvanie, au printemps 1944, lors de laquelle l'OIT a réaffirmé ses principes fondateurs dans la Déclaration de Philadelphie: elle souligne que le travail n'est pas un bien matériel, que la liberté syndicale est indispensable au progrès durable, et que la pauvreté, où qu'elle existe, constitue une menace pour la prospérité de tous. Ces principes devant être assurés par le plein emploi, la formation professionnelle, des rémunérations justes, la négociation collective, la sécurité sociale, des mesures favorisant la santé professionnelle et la protection maternelle.
(Source OIT http://www.ilo.org/90. Photo:BIT/)

L'Esprit de Philadelphie

Sur France culture, "Les matins" ont reçu Alain Supiot, directeur de l’Institut d’études avancées de Nantes. Professeur de droit, membre de l’Institut universitaire de France, auteur de L’Esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total, Seuil / La République des idées, Collection Débats, 2010, que son éditeur présente ainsi : "Après des décennies de globalisation financière, il est urgent de redécouvrir les principes de dignité et de justice sociale proclamés au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Les propagandes visant à faire passer le cours pris par la globalisation économique pour un fait de nature, s’imposant sans discussion possible à l’humanité entière, semblent avoir recouvert jusqu’au souvenir des leçons sociales qui avaient été tirées de l’expérience des deux guerres mondiales. La foi dans l’infaillibilité des marchés a remplacé la volonté de faire régner un peu de justice dans la production et la répartition des richesses à l’échelle du monde, condamnant à la paupérisation, la migration, l’exclusion ou la violence la foule immense des perdants du nouvel ordre économique mondial. La faillite actuelle de ce système incite à remettre à jour l’œuvre normative de la fin de la guerre, que la dogmatique ultralibérale s’est employée à faire disparaître. Ce livre invite à renouer avec l’esprit de la Déclaration de Philadelphie de 1944, pour dissiper le mirage du Marché total et tracer les voies nouvelles de la Justice sociale."



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