"L'Esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total" (Alain Supiot)
Par A P le mardi 9 février 2010, 08:42 - Nos principes - Lien permanent

Signature de la Déclaration de Philadelphie à la Maison Blanche, Washington DC, le 17 mai 1944. Assis, de gauche à droite : le président américain Franklin Delano Roosevelt, Walter Nash, E. J. Phelan. Debout, de gauche à droite : le ministre américain des Affaires étrangères Cordell Hull, le ministre américain du travail Frances Perkins, le directeur assistant du BIT Lindsay Rodgers.
L'Esprit de Philadelphie ; La justice sociale face au marché
total, par Alain Supiot, l'antidote au projet Kessler-MEDEF-Sarkozy ("Le
modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance
(...) Il est grand temps de réformer, et le gouvernement s'y emploie (...) La
liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place
entre 1944 et 1952, sans exception (...) Il s'agit aujourd'hui de défaire
méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance." / "Adieu
1945, raccrochons notre pays au monde !", Challenges, 4 octobre
2007)
Malgré la guerre, deux Conférences générales des Etats membres de
l'Organisation internationale du travail (OIT) ont pu être menées à bien. La
première, une conférence spéciale sans pouvoirs ordinaires, s'est tenue à New
York et Washington DC en 1941. La seconde, la 26e session de la Conférence
internationale du Travail, fut organisée à Philadelphie, en Pennsylvanie, au
printemps 1944, lors de laquelle l'OIT a réaffirmé ses principes fondateurs
dans la Déclaration de Philadelphie: elle souligne que le travail n'est pas un
bien matériel, que la liberté syndicale est indispensable au progrès durable,
et que la pauvreté, où qu'elle existe, constitue une menace pour la prospérité
de tous. Ces principes devant être assurés par le plein emploi, la formation
professionnelle, des rémunérations justes, la négociation collective, la
sécurité sociale, des mesures favorisant la santé professionnelle et la
protection maternelle.
(Source OIT http://www.ilo.org/90. Photo:BIT/)

Sur France culture, "Les matins" ont reçu Alain Supiot, directeur de
l’Institut d’études avancées de Nantes. Professeur de droit, membre de
l’Institut universitaire de France, auteur de L’Esprit de
Philadelphie : la justice sociale face au marché total, Seuil / La
République des idées, Collection Débats, 2010, que son éditeur présente
ainsi : "Après des décennies de globalisation financière, il est urgent de
redécouvrir les principes de dignité et de justice sociale proclamés au sortir
de la Seconde Guerre mondiale. Les propagandes visant à faire passer le cours
pris par la globalisation économique pour un fait de nature, s’imposant sans
discussion possible à l’humanité entière, semblent avoir recouvert jusqu’au
souvenir des leçons sociales qui avaient été tirées de l’expérience des deux
guerres mondiales. La foi dans l’infaillibilité des marchés a remplacé la
volonté de faire régner un peu de justice dans la production et la répartition
des richesses à l’échelle du monde, condamnant à la paupérisation, la
migration, l’exclusion ou la violence la foule immense des perdants du nouvel
ordre économique mondial. La faillite actuelle de ce système incite à remettre
à jour l’œuvre normative de la fin de la guerre, que la dogmatique
ultralibérale s’est employée à faire disparaître. Ce livre invite à renouer
avec l’esprit de la Déclaration de Philadelphie de 1944, pour dissiper le
mirage du Marché total et tracer les voies nouvelles de la Justice
sociale."
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