Pour la CGT, le projet d'accord présenté ce matin en CE, longuement et très sérieusement négocié par une partie des partenaires sociaux, dont la CGT, est pour une fois un véritable "plan de sauvegarde de l'emploi" et non plus un plan soi-disant "social".
En effet, le cœur de ce projet, inscrit dans l'article 2.1.2 du texte (voir ci-dessous), garantit à tout salarié dont le poste de travail actuel est supprimé un reclassement sur un poste et dans un emploi strictement encadré par les éléments les plus essentiels de son contrat de travail : rémunération, temps de travail, localisation géographique et statut (catégorie socio-professionnelle). Toute autre proposition de reclassement pourra être librement refusée par le salarié dont le poste actuel est supprimé, autant de fois que nécessaire, jusqu'à reclassement définitif sur un nouveau poste de travail et un emploi équivalent à celui qui est perdu.
Ainsi, aucun "départ" de l'entreprise ne pourra s'effectuer autrement que volontairement, vraiment volontairement. Toute affirmation contraire relève, aujourd'hui, du mensonge délibéré ! (Arsenic et vieilles dentelles...)
Cette sécurité fondamentale pour les emplois des salariés dont les postes de travail sont malheureusement supprimés fut l'objectif principal de notre engagement syndical dans la négociation. Nous avons obtenu, sur ce point crucial, entière satisfaction.
De plus, dans le cas des départs volontaires, tels qu'ils sont souhaités par certains salariés de Bayard, de nombreux dispositifs d'accompagnement et d'aide à la reconversion sont généreusement prévus par le projet d'accord.
En conséquence, la CGT a décidé de signer dès que possible ce projet d'accord, en parfaite responsabilité vis-à-vis des salariés qui subissent la suppression de leurs postes de travail, mais vis-à-vis, aussi, de l'activité de l'entreprise, notre outil de travail.
Nous considérons, in fine, que tout retard excessif dans la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l'emploi génèrera un désarroi supplémentaire chez de nombreux salariés concernés et amplifiera les difficultés économiques périlleuses de l'entreprise.

Antoine Peillon, délégué syndical et représentant syndical CGT au CE de Bayard Presse

"Article 2.1.2 du projet d'accord de PSE : Proposition de poste de reclassement
La Direction s’engage à proposer à tout salarié dont le poste est supprimé un poste de reclassement sans modification des éléments suivants du contrat de travail : rémunération, temps de travail, zone géographique et catégorie socio-professionnelle (Journalistes, Cadres, Agents de Maîtrise, Employés, Ouvriers), sauf acceptation du salarié pour ces deux derniers éléments.
Toute proposition modifiant l’un des éléments définis ci-dessus - et ne rencontrant pas l’aval du salarié, pour les deux derniers - ne saurait être considérée comme une proposition au titre du présent alinéa.
L’engagement pris de ne pas procéder à des départs contraints suppose que certaines propositions puissent comporter des modifications du contrat de travail.
L’Entreprise s’engage, dans ce cadre, à rechercher loyalement et de bonne foi, pour chacun, la proposition emportant le moins de modification possible, si nécessaire après mise en œuvre de « cascades » et de projet de reconversion.
Dès lors que le poste de reclassement sera identifié, dans le cadre de cet entretien, un courrier sera adressé, précisant :
- la description de poste,
- sa Rédaction ou Direction de rattachement,
- sa qualification,
- son positionnement,
- son temps de travail,
- sa rémunération,
- les éventuelles actions de formation qui doivent être engagées,
- le lieu de travail,
- la reprise d’ancienneté en cas de changement d’entreprise,
- l’Entreprise.
Le délai de réflexion du salarié et le dispositif d’accompagnement associé seront aménagés en fonction de la nature et de l’importance des modifications apportées..."

Le texte complet du projet d'accord est consultable à la demande auprès d'Antoine Peillon (poste 69 84)