Le 10 décembre 2008, nous sommes entrés dans la négociation annuelle obligatoire (NAO) au cours de laquelle est discutée, entre autres, l’augmentation collective des salaires de l’année (2009, en l’occurrence). Depuis cette date, cinq réunions ont déjà eu lieu. Du côté de la direction, le directeur financier de Bayard fait clairement démonstration de sa conscience des difficultés de moins en moins supportables pour les salariés les plus modestes. Cependant, il affirme être pris dans un « triangle de contraintes » qui l’empêche de proposer des augmentations collectives substantielles pour 2009 : entrée dans une période probable de désinflation + crise économique générale chaque jour plus grave + économie propre de Bayard Presse SA désormais déficitaire = une proposition patronale de 0,75% d’augmentation pour tous, à partir du 1er juillet seulement + 0,50% d’augmentation pour les salariés touchant moins de 2500 euros bruts mensuels, à partir du 1er avril.

La CGT a aussitôt calculé que cela représente, en masse, pour toute l’année 2009, +0,375% d’augmentation pour tous et +0,75% d’augmentation pour les salariés gagnant moins de 2500 euros… Autant dire presque rien !

Aussi, nous avons fait, de plus, une proposition, fondée, en année de difficulté économique certainement exceptionnelle, sur l’exigence de solidarité absolue : diviser les 1.500.000 euros de résultat net prévus pour 2009, dans le cadre du programme BPSA, en parts strictement égales entre tous les salariés de l’entreprise, soit 1096,20 équivalents temps plein (ETP). Ce qui donne une augmentation égalitaire de 105,26 euros brut mensuels, sur 13 mois !

En pourcentages d’augmentation, la proposition de la CGT se traduit ainsi :

+ 5,54% pour un salaire mensuel brut de 1900 euros ; + 4,21% pour un salaire mensuel brut de 2500 euros ; + 2,76% pour un salaire mensuel brut de 3812 euros (salaire moyen Bayard) ; + 2,34% pour un salaire mensuel brut de 4500 euros.

Nous avons eu la bonne surprise de voir la direction s’interroger, à voix haute, sur la pertinence de cette proposition, du moins dans son principe fondamental (somme d’augmentation égale pour tous). Et la meilleure surprise encore de voir nos camarades de la CGC et du SNJ se joindre complètement et clairement à notre revendication…

Enfin, la CGT a de nouveau développé l’idée qu’il n’y a pas de moment plus opportun que le temps des crises pour redoubler ses efforts d’investissement, précisant que Bayard doit avoir, dès cette année, des capacités accrues d’investissement sur la modernisation de ses activités existantes et sur la création de nouveaux supports (notamment numériques) de publication. C’est pourquoi la CGT continue de revendiquer une recapitalisation raisonnable, mais vitale, de Bayard ! A bon entendeur…

Myriam Beaudet (poste 69 36) et Antoine Peillon (p. 69 84), délégués syndicaux CGT à Bayard Presse