Etats généraux de la presse écrite : la FILPAC-CGT répond au "Livre vert"
Par A P le mercredi 14 janvier 2009, 21:31 - Actualités CGT Information et Communication - Lien permanent
Elles sont arrivées, les conclusions des soi-disant Etats généraux
de la presse écrite. Un brouillon – le "Livre vert" – prépare le verdict final
que le chef de l’Etat rendra. Plus tard. Le sort de la presse d’information est
censé dépendre du seul Président. Il parlera. Fin janvier.
Par delà les Etats généraux, leur coordonnateur, Bernard Spitz (*), a rédigé un
véritable réquisitoire. Il y va bien plus fort que les groupes de travail.
Pourquoi ? Pour Spitz, la presse est sommée de déménager rue de la Banque.
Et il fait froid, dans cette rue-là. Le maître mot de Spitz ? La presse
écrite doit être rentable. Elle n’a besoin de moyens que pour rompre, de façon
"irréversible", avec le système de la Libération, celui des "aides". Ce qui est
solidaire, coopératif, doit disparaître dans des soldes monstres. Pour faire
place au calcul de la rentabilité. Ce serait le seul kit de survie de la
presse.
Des moyens nouveaux ? Négatif, dit Spitz, mutualisez ceux qui existent.
Economisez sur l’emploi. Mais, objecterez-vous avec nous, la presse écrite fait
partie du patrimoine sacré de la démocratie ! Spitz rétorque que c’est le
marché qui assure cette fonction-là. Le marketing est l’alpha, le compte
d’exploitation l’oméga. Wall Street fera le reste. Avec le succès qu’on
connaît. Krach !
Le territoire de Spitz est celui de la mondialisation. Au compte de quelques
groupes dominants. Son seul dogme, "gagnez de l’argent". Mais ceux qui n’ont
pas accès au Kapital ? Au diable. Spitz retire le tapis des aides sous les
pieds des titres. Seuls les riches survivront. La liberté d’opinion, le
pluralisme, n’ont pas la cote au déballage du marché.
Bernard Spitz en appelle au président : « Fermez le robinet des aides
». Qu’importe si l’ablation totale des organes coopératifs et solidaires mutile
la démocratie et le droit à l’information. Un nouveau modèle, un projet
alternatif ? Non, Spitz n’est là que pour fermer le bal. Et si nous lui
disions ensemble que la presse, ça ne se danse pas comme ça ?
(*) Président de la Fédération française des sociétés d’assurances. Diplômé de
l’ENA, maître des requêtes au Conseil d’Etat, jusqu’en 2004 directeur de la
stratégie de Vivendi UniversaI, avant de fonder BSConseil, sa société de
conseil en stratégie et en communication. Ancien conseiller du Premier ministre
Michel Rocard, ancien journaliste au Monde et directeur à la direction générale
de Canal+, auteur de nombreux articles et ouvrages sur le secteur de la
communication. Président des Gracques, association lancée par des hauts
fonctionnaires en faveur d’une modernisation de la gauche…
Le 4 pages complet : Edition spéciale n° 4
