Pour des droits d’auteur des journalistes garants de la qualité éditoriale de tous les supports d’information

Le 2 octobre, Sarkozy livrait sa position sur les droits d’auteur des journalistes. Les cinq lignes de son discours consacrées à ce sujet épineux sont parfaitement claires, d’autant que, lors de leur lecture, le Président a ponctué par un « On le fera ! »…
« On » fera quoi au juste ? « On » cassera la Loi, Code de la Propriété intellectuelle et Code du Travail, la Convention collective nationale des journalistes, ainsi que les nombreux accords de groupes ou d’entreprises de presse, qui organisent collectivement les modalités de cession aux éditeurs des droits d’auteur des journalistes. Car il n’y a aucune ambiguïté. En arguant « qu’il est irréel qu’au sein d’un même titre, on ne puisse éditer le même article sur plusieurs supports sans devoir le payer plusieurs fois », le Président reprend textuellement la doctrine des éditeurs arc-boutés contre le respect des droits d’auteur des journalistes.
En France, les droits d’auteurs sont pourtant enfants de la « civilisation républicaine ». Aujourd’hui, c’est bien cet héritage qui est mis en cause par Sarkozy, au profit principal des seuls commerçants des œuvres des autres. Car telle est la visée du Président-servant des Lagardère, Bolloré, Bouygues, Arnault, Dassault… : libérer les « éditeurs » de toute entrave économique dans l’exploitation numérique des œuvres de journalistes.
Que restera-t-il, dans ces conditions, de la valeur de l’œuvre, de l’investissement des auteurs et de la différence entre une production originale et une exploitation secondaire ? Que restera-t-il du journalisme, lorsque l’article déjà publié coûtera infiniment moins à « exploiter » que ne coûtera le nouveau texte d’information à produire ?
Le débat actuel sur les droits d’auteur doit être mené avec ces questions à l’esprit, car elles sont les données d’un choix entre civilisation et marchandisation.

Le texte intégral : Droits d'auteur des journalistes ou sur le site de la FILPAC-CGT

Droits d'auteur - Rapport Muller