Pour un nouveau contrat professionnel et moral avec le public, fondé une sécurité sociale professionnelle des journalistes

Les chartes de déontologique des journalistes sont d’abord l'affaire d'un contrat moral entre chaque rédaction et les lecteurs. Elles doivent faire l’objet d’accords collectifs, négociés par les syndicats, si l’objectif est bien l’adhésion des journalistes à des règles professionnelles instituées de façon démocratique. Cependant, toutes les chartes déontologiques du monde, ni même les juges, n’y feront rien : un journaliste dont les droits sociaux ne sont pas solidement garantis sera influençable à merci ! Que vaut la liberté d’expression, ou même seulement de pensée, lorsque son emploi est suspendu à la seule volonté, au seul pouvoir d’une source ou de son employeur ?
Or la précarisation du métier de journaliste est devenue dramatique. De 1991 à 2007 (derniers chiffres disponibles), la proportion de « pigistes » parmi les journalistes recensés par la Commission de la carte de presse est passée de 14,37% à 23,98%… Cette précarisation est tellement forte chez les jeunes journalistes, que plus de la moitié d’entre eux est rémunérée à la pige (51,12% en 2007) ! Pour mémoire, en 1964, 7,35% seulement des journalistes étaient rémunérés à la pige…
Aussi, il n’y aura de « reprise » morale de la profession qu’à la condition d’une sécurisation sérieuse des emplois de journalistes, grâce, entre autres, à la construction d’un dispositif de sécurité sociale professionnelle à l’échelle de la branche de l’information et de la communication.

Texte intégral : Déontologie des journalistes

Le texte est aussi en ligne sur la page du site de la FILPAC-CGT consacrée aux Etats généraux de la presse écrite.