Etats généraux de la presse écrite : la question déontologique
Par Antoine Peillon le lundi 13 octobre 2008, 15:13 - Actualités CGT Information et Communication - Lien permanent
I / Pour des chartes négociées, portant un nouveau contrat
professionnel et moral entre la profession et le public
II / Pour une sécurité sociale professionnelle des journalistes,
garantissant l’assise matérielle à leur indépendance morale

Pour un nouveau contrat professionnel et moral avec le public, fondé
une sécurité sociale professionnelle des journalistes
Les chartes de déontologique des journalistes sont d’abord l'affaire d'un
contrat moral entre chaque rédaction et les lecteurs. Elles doivent faire
l’objet d’accords collectifs, négociés par les syndicats, si l’objectif est
bien l’adhésion des journalistes à des règles professionnelles instituées de
façon démocratique. Cependant, toutes les chartes déontologiques du monde, ni
même les juges, n’y feront rien : un journaliste dont les droits sociaux
ne sont pas solidement garantis sera influençable à merci ! Que vaut la
liberté d’expression, ou même seulement de pensée, lorsque son emploi est
suspendu à la seule volonté, au seul pouvoir d’une source ou de son employeur
?
Or la précarisation du métier de journaliste est devenue dramatique. De 1991 à
2007 (derniers chiffres disponibles), la proportion de « pigistes »
parmi les journalistes recensés par la Commission de la carte de presse est
passée de 14,37% à 23,98%… Cette précarisation est tellement forte chez les
jeunes journalistes, que plus de la moitié d’entre eux est rémunérée à la pige
(51,12% en 2007) ! Pour mémoire, en 1964, 7,35% seulement des journalistes
étaient rémunérés à la pige…
Aussi, il n’y aura de « reprise » morale de la profession qu’à la
condition d’une sécurisation sérieuse des emplois de journalistes, grâce, entre
autres, à la construction d’un dispositif de sécurité sociale professionnelle à
l’échelle de la branche de l’information et de la communication.
Texte intégral : Déontologie des journalistes
Le texte est aussi en ligne sur la page du site de la
FILPAC-CGT consacrée aux Etats généraux de la presse écrite.