Ce 7 octobre, se dérouleront partout dans le monde des initiatives importantes de mobilisation des travailleurs à l’appel des confédérations syndicales nationales, dans le prolongement de l’appel lancé par la CSI (confédération syndicale internationale) sur « le travail décent ».
Cette question est au cœur de la problématique qui pourrait permettre d’inverser la spirale vicieuse de la pauvreté grandissante pour la majorité de la population dans le monde (Afrique, Asie, Amérique latine, mais aussi dans les pays riches – 30 millions de travailleurs pauvres en Europe) et de l’accélération des délocalisations et du dumping social dans les pays occidentaux.
A cette occasion, nous proposons à tous les salariés de l’information et de la communication, ainsi qu’à tous ceux des industries graphique et papetière, de prendre conscience de la liberté et du pouvoir qui sont encore les leurs : casser la spirale vicieuse de la destruction sociale de l’Humanité ; déclencher la réaction en chaîne de l’émancipation, afin de construire durablement une Humanité solidaire, pacifiée et heureuse.
Aujourd’hui, nous sommes persuadés que
le combat pour la hausse du pouvoir d’achat par l’augmentation des salaires est le facteur décisif de la spirale vertueuse du développement social. Cette lutte cruciale est à la portée de tous les salariés éclairés, à condition qu’ils s’unissent solidairement dans le mouvement syndical. Parce-qu’aujourd’hui, il faudra un maximum de force pour que le bon choix s’impose dans un monde déjà trop déshumanisé, et que seule l’union fait la force…

Apocalypse

Spirale vicieuse (apocalyptique) du libéralisme économique

Baisse du pouvoir d’achat (stagnation des salaires + inflation forte) ► Baisse de la consommation (chute du moral des ménages, découragement des salariés, régression sociale et culturelle…) ► Erosion des chiffres d’affaires ► Baisses quantitative et qualitative des productions ► Mais engraissement des marges à tout prix ► Compression des masses salariales (seule variable d’ajustement) ► Destruction d’emplois (chômage de masse) + baisse redoublée du pouvoir d’achat ► Rétrécissement (notamment en valeur) des marchés ► Concurrence exacerbée entre producteurs et entre travailleurs (+ dérégulation mondialisée et affaiblissement des Etats) ► Délocalisations + dumping social (récents arrêts Vaxholm-Laval, Viking et Rüffert de la Cour de Justice des Communautés européennes, Luxembourg) + exploitation de travailleurs sans papiers (mondialisation de la misère)… ► « Suicide du capitalisme », aux conséquences apocalyptiques !

Dans Le Capitalisme est en train de s'autodétruire (La Découverte, 2007), Patrick Artus, directeur des études économiques du groupe Caisse d'Epargne et de la Caisse des Dépôts, et Marie-Paule Virard, rédactrice en chef du magazine Enjeux-les Echos, démontrent que le capitalisme court au suicide… Ils accentuent encore la noirceur de leur diagnostic dans Globalisation, le pire est à venir (La Découverte, 2008). Cf. aussi : Joseph-E Stiglitz, Quand le capitalisme perd la tête (LGE, Le Livre de Poche, 2005) ; Zygmunt Bauman, Le Coût humain de la mondialisation (Hachette, coll. Pluriel, 2002)…

Le bonheur

Spirale vertueuse (anti-utilitariste) du développement social

Hausse du pouvoir d’achat (hausse des salaires plus forte que l’inflation) ► Croissance quantitative et, de plus en plus, qualitative de la consommation ► Hausse des chiffres d’affaires et donc des marges ► Investissements soutenus et modernisation constante des outils de production (recherche et développement) ► Intérêt global des salariés pour leur travail (salaire, GPEC, formation continue, reconnaissance professionnelle…) + création d’emplois qualifiés (vers le plein emploi) ► Amélioration des performances productives et commerciales des entreprises ► Concurrence loyale et, surtout, régulée (extension européenne, puis mondiale, des lois et réglementations sociales de haut niveau) + coopération internationale ► Mondialisation partageuse des richesses ► Humanité solidaire, pacifiée et heureuse (émancipation)…

Dans Le Développement durable (PUF, coll. QSJ ?, nouvelle éd., 2004), Sylvie Brunel montre comment il est à présent nécessaire que, face au manque criant de solidarité, cette notion s'incarne dans un projet fédérateur de lutte contre les inégalités à l'échelle planétaire. Cf. aussi Thomas Piketty, L’Economie des inégalités (La Découverte, 1997, 6e édition : 2008) ; Alain Lefebvre et Dominique Méda, Faut-il brûler le modèle social français ? (Seuil, 2006) ; D. Méda, Qu’est-ce que la richesse ? (Flammarion, coll. Champs, 2000) ; Robert Castel, L’Insécurité sociale… (Seuil, 2003) ; Karl Polanyi, Essais (Seuil, 2008) ; Paul Collier, The Bottom Billion. Why the Poorest Countries Are Failing and What Can Be done About It, (Oxford University Press, 2007) ; Notes de la Fondation Copernic, Europe: une alternative (Syllepse, 2003)…

Pour mémoire, cette citation de John M. Keynes : « L'homme d'État et le penseur social doivent lutter pour que naisse le monde caractérisé par le calme, la stabilité et le progrès social, et par le respect des règles, des conventions et des traditions. »