Apocalypse ultra-libérale / développement social et durable
Par A P le mardi 7 octobre 2008, 07:53 - Actualités sociales et politiques - Lien permanent
Faites-le choix : c’est (encore) votre liberté !

Spirales (tract CGT en PDF avec liens internet actifs)
Ce 7 octobre, se dérouleront partout dans le monde des initiatives
importantes de mobilisation des travailleurs à l’appel des confédérations
syndicales nationales, dans le prolongement de l’appel lancé par la CSI
(confédération syndicale internationale) sur « le travail décent
».
Cette question est au cœur de la problématique qui pourrait permettre
d’inverser la spirale vicieuse de la pauvreté grandissante pour la
majorité de la population dans le monde (Afrique, Asie, Amérique
latine, mais aussi dans les pays riches – 30 millions de travailleurs pauvres
en Europe) et de l’accélération des délocalisations et du dumping social dans
les pays occidentaux.
A cette occasion, nous proposons à tous les salariés de l’information et de la
communication, ainsi qu’à tous ceux des industries graphique et papetière, de
prendre conscience de la liberté et du pouvoir qui sont encore les
leurs : casser la spirale vicieuse de la destruction sociale de
l’Humanité ; déclencher la réaction en chaîne de l’émancipation, afin de
construire durablement une Humanité solidaire, pacifiée et
heureuse.
Aujourd’hui, nous sommes persuadés que
le combat pour la hausse du pouvoir d’achat par l’augmentation des salaires est
le facteur décisif de la spirale vertueuse du développement social. Cette lutte
cruciale est à la portée de tous les salariés éclairés, à condition qu’ils
s’unissent solidairement dans le mouvement syndical. Parce-qu’aujourd’hui, il
faudra un maximum de force pour que le bon choix s’impose dans un monde déjà
trop déshumanisé, et que seule l’union fait la force…

Spirale vicieuse (apocalyptique) du libéralisme économique
Baisse du pouvoir d’achat (stagnation des salaires + inflation
forte) ► Baisse de la consommation (chute du moral des ménages, découragement
des salariés, régression sociale et culturelle…) ► Erosion des chiffres
d’affaires ► Baisses quantitative et qualitative des productions ► Mais
engraissement des marges à tout prix ► Compression des masses salariales (seule
variable d’ajustement) ► Destruction d’emplois (chômage de masse) + baisse
redoublée du pouvoir d’achat ► Rétrécissement (notamment en valeur) des marchés
► Concurrence exacerbée entre producteurs et entre travailleurs (+ dérégulation
mondialisée et affaiblissement des Etats) ► Délocalisations + dumping social
(récents arrêts Vaxholm-Laval, Viking et Rüffert de la Cour de Justice des
Communautés européennes, Luxembourg) + exploitation de travailleurs sans
papiers (mondialisation de la misère)… ► « Suicide du capitalisme », aux
conséquences apocalyptiques !
Dans Le Capitalisme est en train de s'autodétruire (La Découverte,
2007), Patrick Artus, directeur des études économiques du groupe Caisse
d'Epargne et de la Caisse des Dépôts, et Marie-Paule Virard, rédactrice en chef
du magazine Enjeux-les Echos, démontrent que le capitalisme court au suicide…
Ils accentuent encore la noirceur de leur diagnostic dans Globalisation, le
pire est à venir (La Découverte, 2008). Cf. aussi : Joseph-E
Stiglitz, Quand le capitalisme perd la tête (LGE, Le Livre de Poche,
2005) ; Zygmunt Bauman, Le Coût humain de la mondialisation
(Hachette, coll. Pluriel, 2002)…

Spirale vertueuse (anti-utilitariste) du développement
social
Hausse du pouvoir d’achat (hausse des salaires plus forte que
l’inflation) ► Croissance quantitative et, de plus en plus, qualitative de la
consommation ► Hausse des chiffres d’affaires et donc des marges ►
Investissements soutenus et modernisation constante des outils de production
(recherche et développement) ► Intérêt global des salariés pour leur travail
(salaire, GPEC, formation continue, reconnaissance professionnelle…) + création
d’emplois qualifiés (vers le plein emploi) ► Amélioration des performances
productives et commerciales des entreprises ► Concurrence loyale et, surtout,
régulée (extension européenne, puis mondiale, des lois et réglementations
sociales de haut niveau) + coopération internationale ► Mondialisation
partageuse des richesses ► Humanité solidaire, pacifiée et heureuse
(émancipation)…
Dans Le Développement durable (PUF, coll. QSJ ?, nouvelle éd., 2004),
Sylvie Brunel montre comment il est à présent nécessaire que, face au manque
criant de solidarité, cette notion s'incarne dans un projet fédérateur de lutte
contre les inégalités à l'échelle planétaire. Cf. aussi Thomas
Piketty, L’Economie des inégalités (La Découverte, 1997, 6e
édition : 2008) ; Alain Lefebvre et Dominique Méda, Faut-il
brûler le modèle social français ? (Seuil, 2006) ; D. Méda,
Qu’est-ce que la richesse ? (Flammarion, coll. Champs, 2000) ;
Robert Castel, L’Insécurité sociale… (Seuil, 2003) ; Karl
Polanyi, Essais (Seuil, 2008) ; Paul Collier, The Bottom
Billion. Why the Poorest Countries Are Failing and What Can Be done About
It, (Oxford University Press, 2007) ; Notes de la Fondation Copernic,
Europe: une alternative (Syllepse, 2003)…
Pour mémoire, cette citation de John M. Keynes :
« L'homme d'État et le penseur social doivent lutter pour que naisse le
monde caractérisé par le calme, la stabilité et le progrès social, et par le
respect des règles, des conventions et des traditions. »