Voici le dernier indice FILPAC-CGT de l'inflation réelle sur un an (juillet 2007 / juillet 2008) : un beau record de + 4,7% !

Le pouvoir d'achat des Français recule, rogné par l'alimentation et l'essence / 27 août 2008

PARIS (AFP) — Amputé par la flambée des prix du carburant et de l'alimentation, le pouvoir d'achat des Français a reculé cette année, en particulier chez les ménages les plus modestes, selon une enquête de l'Institut national de la consommation qui contraste avec l'optimisme de l'Insee.

Le pouvoir d'achat moyen des ménages a reculé de 0,4% entre juin 2007 et juin 2008, après une augmentation de 0,8% un an auparavant, indique une étude de 60 millions de consommateurs, le mensuel de l'INC, à paraître jeudi 28 août.

Entre juin 2007 et juin 2008, le revenu mensuel disponible moyen par ménage a augmenté de 99 euros, passant de 3.093 euros à 3.192 euros. Mais chaque mois, l'inflation a absorbé 113 euros, obligeant les ménages à réduire leur train de vie de 14 euros et laissant peu de marge aux dépenses non obligatoires, comme les loisirs par exemple.

En comparant l'équivalent d'une journée de salaire en 2000 et en 2008, l'INC relève en outre que le salarié peut s'offrir moins (alimentation, logement, carburant) qu'il y a huit ans, en raison de l'inflation ! Si le salarié pouvait acheter 49 litres de diesel avec une journée de salaire en 2000, cette année, il devra se contenter de 38 litres. Il achètera aussi moins d'oranges (-14%), de pommes de terre (-14%), de bifteck (-13%), de salades (-11%), de pain (-11%) et de beurre (-7%). Cette année, le pétrole, dont les cours ont atteint récemment des sommets, est la première cause des problèmes de pouvoir d'achat des Français: sur les 99 euros de revenus supplémentaires, 42 ont été consacrés à l'achat de carburants automobile et de fioul domestique.

En un an, les ménages ont dû consacrer 340 euros supplémentaires à l'essence.

La hausse des prix du lait, des oeufs, des fromages, viandes, pains et céréales a amputé le revenu moyen de 18 euros. « Les ménages font des arbitrages dans les dépenses incompressibles (alimentation, logement, santé) pour répondre à la baisse du pouvoir d'achat. Ces arbitrages se font principalement dans l'alimentation », indique Lionel Maugain, responsable de l'étude.

Marques de distributeurs et produits dits « premiers prix » (meilleur marché mais souvent de moins bonne qualité que les grandes marques, selon des nutritionnistes) ont le vent en poupe. Or ces produits ont connu les plus fortes hausses ces derniers mois, selon plusieurs études. « Du coup, les ménages au bas de l'échelle sont le plus pénalisés », a ajouté M. Maugain.

Le pouvoir d'achat devrait reculer de 0,8% en 2008, prévoit l'INC, après une hausse de 1,4% en 2007.

Ces chiffres détonnent avec l'optimisme de l'Institut national de la statistique (Insee), qui prévoit pour cette année une hausse de 0,9% du pouvoir d'achat, certes en ralentissement par rapport aux +3,3% de 2007, mais soutenu par « une dynamique salariale plus vigoureuse ».

L'Insee reconnaît que le pouvoir d'achat sera amputé cette année par l'inflation et une décélération du revenu disponible brut, qui augmenterait de 4,1% contre une hausse de 5,4% en 2007.

Le décalage entre les deux instituts s'explique principalement par le fait que l'Insee n'intègre pas dans son calcul du pouvoir d'achat les dépenses d'achat immobilier, qu'elle considère comme un investissement, une position contestée par l'INC.

Un rapport recommandait en début d'année la création de nouveaux indicateurs, reflétant les nouveaux modes de consommation et la diversité de la société, afin de répondre aux critiques récurrentes sur les statistiques officielles, souvent en rupture avec le sentiment des ménages.


***

Grande distribution : les prix ont augmenté de 6.6% / 27 août 2008

La dernière étude de l'UFC-Que Choisir révèle une spirale inflationniste, certains magasins ayant pratiqué des hausses des prix de plus de 17% entre septembre 2007 et mai 2008.

Les derniers relevés de prix pratiqués dans les grandes surfaces par UFC- Que Choisir font état d'une hausse moyenne des prix de 6,6% en huit mois. Fin juillet, l'Insee annonçait de son côté une augmentation moyenne de 0,2% dans les hypermarchés et de 0,4% dans les supermarchés, soit une hausse de 5,7% et 5,1% sur un an. De quoi relancer le débat sur la pertinence des relevés des prix alimentaires, même si pour les consommateurs qu'importe ces querelles d'initiés, pour eux le panier des courses paraîtra toujours plus cher. Les hypers auraient ainsi augmenté leurs prix de 8,3%, selon les 67 411 prix relevés par l'association de consommateurs. Et ce malgré les promotions auxquelles se sont livrés cet été les distributeurs.

L'association constate également que les grandes surfaces ont augmenté leurs propres marques d'environ 7,7%. Une hausse ciblée sur des produits de plus en plus sollicités par les consommateurs qui restent au demeurant 24% moins chers que les produits des grandes marques. Les magasins qui ont eu la main la plus lourde sont ainsi Monoprix (+9,4%), Hyper et Super U, Carrefour, Cora, Géant Casino et Auchan (+ 7%). A l'inverse, les enseignes Intermarché et Leclerc ont « limité » la hausse de leur prix à respectivement 5,54% et 5,82%. Les enseignes Atac affichent des hausses plus modestes : +4%. A noter, deux Super U à Ajaccio qui détiennent le record d'inflation : +17% et +15%, quand l'Intermarché d'Albertville a baissé ses prix de 2,1%.

Lundi 25 août, le président du groupe Système U, Serge Papin, constatait de son côté une baisse de la consommation sans précédent. « Pour la première fois, depuis le printemps, la consommation a baissé en volume, de l'ordre de 2 à 3%. Ce n'était jamais arrivé. Le contenu du chariot, ce qu'on appelle le panier moyen, baisse », déplorait-il. Pour ce dernier, plusieurs facteurs expliquent ce repli. « Il y a une crise de l'immobilier, une crise climatique, une crise de l'énergie et une crise de confiance dans la capacité du pouvoir politique… »