Régimes spéciaux : pour Bernard Thibault, le gouvernement organise la dramatisation LEMONDE.FR avec AFP | 11.11.07 | 08h59

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, accuse dans une interview au Journal du Dimanche le gouvernement de "vouloir le conflit" à propos des régimes spéciaux "pour l'exemple", déplorant le refus du ministre du travail d'accepter sa demande de réunion au sommet. Samedi, Xavier Bertrand a refusé d'organiser la réunion tripartite (Etat, syndicats et entreprises) au sujet des régimes spéciaux de retraites qu'avait demandée vendredi M. Thibault, renvoyant le syndicat vers les négociations d'entreprises, le tout à quelques jours du début d'une grève à la SNCF, RATP, EDF et GDF.

"Le ministre du travail a été mandaté pour m'adresser une brutale fin de non-recevoir. Puisqu'il n'y a pas de réunion tripartite, c'est le blocage", a déploré le numéro un de la CGT, constatant "que toutes les catégories professionnelles" n'étaient "pas traitées avec la même brutalité" que les salariés bénéficiaires de régimes spéciaux.

Selon lui, "la situation et l'avenir des retraites des régimes spéciaux ne justifient pas la dramatisation qu'orchestre le gouvernement et qu'alimente le chef de l'Etat" et "les salariés concernés deviennent otages d'une volonté de montrer" que M. Sarkozy "réussit". M. Thibault a qualifié ce comportement de "stupide et inquiétant pour la suite". "Cela peut laisser supposer que la troisième réforme des retraites du régime général en 2008 ne sera pas davantage négociable. Une fois que le chef a parlé c'est " circulez y'a rien à voir "", a-t-il fustigé.

Interrogé sur la participation de la CGT aux négociations d'entreprises qu'elle a refusées jusque-là, il a répondu : "si le cadre du gouvernement est figé, il ne peut pas y avoir de bonnes négociations dans les entreprises". Pour lui, "le gouvernement veut ignorer le fait que la CGT est la première organisation syndicale à la SNCF, la RATP, chez EDF et GDF. Il a voulu manoeuvrer" et "a cherché à créer la division syndicale en privilégiant certains contacts, cela ne marche pas".

M. Thibault prévient désormais que la grève "sera sans doute très suivie" dès mardi soir à la SNCF. Il a insisté sur la "démarche réfléchie et coordonnée" de la CGT avec les autres syndicats. "Les personnels ont fait preuve d'esprit de responsabilité quand le premier ministre a annoncé que la réforme des régimes spéciaux de retraite était bouclée, qu'il suffisait d'un signal du président de la République pour l'appliquer", début septembre. "Dès ce moment-là", a estimé M. Thibault, "les hostilités auraient pu commencer". "Une grève de 24 heures très importante le 18 octobre n'a pas suffi à faire admettre le principe d'une réelle négociation. Une nouvelle étape de mobilisation est inéluctable", a-t-il conclu.